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Joseph Behidi

Joseph BEHIDI

TA MORT REVEILLE LES CONSCIENCES

Joseph BEHIDI juriste de formation et titulaire d’un diplôme d’études supérieures comptables, avait longtemps exercé comme Avocat au barreau de N’Djaména au Tchad, et Expert Comptable agrée par la Cour d’appel de cette même ville. Membre fondateur de la Ligue Tchadienne des Droits de l’Homme, il fût le premier Vice Président de cette organisation dès sa création en Février 1991. Reconnu pour son franc Parler et son engagement pour les droits de l’Homme, il tomba le 16 Février 1992 à l’aube, alors qu’il rentrait chez lui sous les balles des ennemis de la liberté. Quelques jours avant sa mort, il a déclaré à la sortie d’une audience que le Chef de l’Etat a accordé aux défenseurs et je cite : « Nous vivons une insécurité grandissante dans nos villes et villages, ce qui ne rassurent pas les populations. Aussi, les vœux les plus chers que nous avons formulés aux hautes autorités, c’est de voir nos compatriotes vaquer normalement à leurs occupations, et rentrer chez eux sans être inquiétés». Fin de citation. Malheureusement, c’est lui qui tombera quelques jours plus tard, comme prochaine victime.

Cet assassinat a provoqué un grand émoi au sein de la population tchadienne comme en attestait la sortie spontanée des centaines de milliers de NDjaménois qui avaient décidé d’accompagner à pied le Vice Président de la LTDH à sa dernière demeure. Le 17 Février 1992, des dizaines de femmes ulcérées, les mains nues sur la tête étaient descendues dans les rues de la capitale pour manifester leur ras le bol, face un gouvernement incapable d’assurer la sécurité des citoyens.

Une plainte avait été déposée par la LTDH et la famille de feu BEHIDI pour réclamer que toute la lumière soit faite sur les causes de cet assassinat en vain. A Chaque 16 Février de l’année, les militants des droits de l’Homme, les amis et les parents du défunt vont se recueillir sur la tombe pour réclamer justice, mais au fur et à mesure que le juge en charge du dossier s’approche de la vérité, injonction lui a été faite par les autorités de classer purement et simplement le dossier. Les multiples manifestations pacifiques, les interpellations répétées de tous les Ministres de la justice qui se sont succédé, ainsi que des autorités judiciaires n’auront rien donné.

Ni la police, ni la gendarmerie ne sont en mesure 17 ans après, de présenter à la justice le ou les assassins de Me Joseph BEHIDI. Le gouvernement de Jean ALINGUE BAWOYEU, sonné par les événements, avait engagé en son temps, une enquête qui est restée sans suite jusqu’à ce jour.

Pourtant, les données paraissaient simples au départ, avec le véhicule du défunt retrouvé dans une concession d’un particulier. Curieux tout de même ! Il en de même pour tous les présumés témoins dont cinq ont miraculeusement disparus des services de sécurité où ils étaient gardés. Tous auraient affirmé savoir où se trouvait la voiture du défunt emportée par ses assassins avant de se rétracter.

La dernière piste brouillée par les services de sécurité, est celle d’un Lycéen du nom A…   qui aurait vu le supposé assassin suivre Me BEHIDI par deux fois. Il dit être capable de le reconnaître, mais malheureusement il a aussi disparu miraculeusement dans conditions non élucidées.

Quoi qu’on dise, l’assassinat de Me BEHIDI a été programmé par une main inconnue, qu’on finira un jour par découvrir le mystère qui l’entoure quel que soit le temps.

BEHIDI, tu as payé de ta vie comme beaucoup d’autres qui ont payé de leur vie pour les libertés, mais pour nous tes compagnons de lutte, tu n’es pas mort pour rien car tu continues a existé dans nos cœurs et dans nos esprits. En pensant à toi, nous pensons à MAHATMA GANDHI, à MARTIN LUTHER KING et bien d’autres qui ont sacrifié leur vie pour les libertés, la justice et le progrès social pour leur peuple.




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