 |
|
Larlem Marie,
Présidente par intérim du CADH
Il y a dix ans, naissait à N’Djaména, l’idée de la création d’une plate-forme regroupant les Associations tchadiennes de défense des droits humains. Dictée par l’impérieuse nécessité de nous mettre ensemble pour affronter les défis majeurs auxquels nous faisions face, la naissance du Collectif des associations de défense des droits de l’Homme (CADH) était en quelque sorte notre réponse à la dérive dictatoriale vers laquelle nos dirigeants semblaient glisser.
Le CADH s’était en effet fixé pour mission principale de « se prononcer sur les questions à caractère national aussi bien sur le plan politique, économique que social ». |
|
Certes, nous sommes nés à des moments divers mais un seul dénominateur commun, la lutte pour le respect des droits humains, nous rassemble dans ce cadre. Cette volonté d’œuvrer pour un objectif global d’instauration d’un Etat de droit au Tchad constitue déjà le fondement de notre action.
Dans le souci de susciter la participation active de tous les membres, il fonctionne suivant la formule d’une présidence tournante. Au niveau local, les structures des associations composant le CADH s’organisent suivant le même schéma.
Avons-nous réalisé ces nobles ambitions en dix ans d’existence ? Force est de reconnaitre que le CADH affirme aujourd’hui son rôle de plate-forme à travers une mobilisation autour des sujets fédérateurs. Le rôle joué par le CADH dans le projet d’exploitation du brut de Doba et sa contribution dans le cadre de la Stratégie nationale de réduction de la pauvreté, la mise en place de l’Observatoire national indépendant de suivi des processus électoraux et de la démocratie (ONIPED) et la création de la radio FM Liberté en sont de parfaites illustrations.
Toutefois, les fruits n’ont pas tout à fait rempli la promesse des fleurs. En décidant de la création du CADH, les initiateurs se sont imposés un moment d’arrêt pour se projeter dans l’avenir. Un avenir que nous voulons radieux et prospère pour nos populations. Un avenir qui, s’il demeure sombre au cours des années à cause des conflits armés et de la mauvaise gouvernance qui caractérise notre pays, risque de confiner nos populations dans une sorte de ghetto invivable.
En effet, dans cette course de fond vers un Etat de droit, nous sommes énormément distancés par nos collègues des pays voisins et surtout ceux de l’Afrique de l’Ouest. Cela pourrait se justifier en partie par l’ouverture dans ces Etats, de plus de couloirs de libertés par des dirigeants un peu plus réceptifs aux messages relatifs au respect et à la promotion des droits de l’homme.
Aujourd’hui, les réseaux d’Afrique de l’Ouest relèvent déjà la tête. Unis, organisés et conscients de leur rôle, ils sont résolument engagés dans le processus de développement et de la lutte contre la pauvreté. Par contre, les ADH du Tchad sont dans un état de précarité consécutive aux réflexes dictatoriaux des gouvernants. Nos divisions, notre manque d’initiative et nos critiques subjectives aussi ne peuvent être éludées. Ces faiblesses évidentes ne nous ont pas permis de décoller.
C’est pourquoi, la création sinon le réveil justifié du CADH doit marquer un nouveau départ pour plus d’impacts.
L’avenir de nos concitoyens dépend de notre détermination à agir aujourd’hui et maintenant. Grâce au montage et à la réalisation des projets communs dans les différents domaines de la promotion de la paix, de la démocratie et de la bonne gouvernance, nous pourrons valablement justifier notre existence. Pour cela, le CADH doit rechercher le professionnalisme dans ses actions en vue d’atteindre l’excellence.
C’est donc dans l’unité d’action et la complémentarité des idées que notre pays pourra sortir de la zone de turbulence.
Que les ADH membres y apportent leur pierre et leur génie pour la mobilisation, gage de l’instauration de l’Etat de droit tant recherché.
|